Zemmour, le clan Traoré et les Rothschild

Suite à la manifestation du 13 juin 2020 organisée par le clan Traoré et des militants de la mouvance gauchiste – durant laquelle un journaliste de Valeurs actuelles a capturé le « Sale juif ! » crié par un manifestant noir que l’on a jamais identifié – Éric Zemmour a opportunément sauté sur l’occasion pour nous (re)servir le discours néoconservateur pro-israélien :

« Pourquoi on entend ça ? On entend ça, je vous dis, parce qu’il y a des islamistes et des militants pro-palestiniens. Pourquoi ? C’est très simple : vieille culture, vieux antijudaïsme arabo-musulman, premièrement. C’est écrit dans le Coran, etc. Deuxièmement, ce que j’appellerais la concurrence victimaire. Vous savez, le discours de Dieudonné… C’est-à-dire qu’il est militant noir, certains militants noirs reprochent aux juifs, entre guillemets, de leur avoir volé la prééminence victimaire, avec la Shoah qui aurait occulté l’esclavage. Vieux discours de Dieudonné, vous vous souvenez. Et troisièmement, il y a la haine d’Israël, pourquoi la haine d’Israël ? Parce qu’Israël est un État qui se défend contre, justement, la loi du nombre. Et qui se défend militairement et brutalement. » [1]

D’après Zemmour, le comité Adama est donc sous l’emprise des islamistes et des pro-palestiniens…

Mettons cette assertion à l’épreuve des faits, et voyons ce qui en ressort.

 

Qui pilote le clan Traoré :
des « islamistes pro-palestiniens » ou le lobby juif ?

 

Le magazine Causeur a révélé le 19 juin dernier que la porte-parole du comité Vérité et justice pour Adama, Assa Traoré (la demi-sœur du défunt), était salariée de l’Œuvre de protection des enfants juifs (OPEJ) jusqu’en décembre 2019. Elle a d’ailleurs pu « militer » pendant un an, au moins, alors qu’elle était officiellement en arrêt maladie…

« Créée en 1945, l’OPEJ est désormais un acteur du social avec délégation de service public. Elle s’occupe de tous les enfants en difficulté, sans distinction de confession. Son nom complet est OPEJ-Baron Edmond de Rothschild, car il bénéficie du soutien généreux de la fondation Rothschild. Assa Traoré a publié au Seuil en mars 2017 un livre-témoignage écrit avec Elsa Vigoureux, du Nouvel Observateur. À aucun moment elle n’évoque ces détails. Elle « remercie la fondation OPEJ pour sa compréhension et son soutien », en dernière page, sans développer le sigle. Selon nos informations, ce soutien n’était pas seulement moral. Assa Traoré n’est pas retournée travailler après le décès de son demi-frère. Elle s’est mise en arrêt maladie. Un arrêt qui s’est prolongé, nous a-t-elle précisé, jusqu’en août 2017 (et non jusqu’en décembre 2019, comme nous l’avions écrit précédemment, suite à un malentendu avec Assa Traoré). Elle est restée salariée de l’OPEJ, sans solde assure-t-elle, jusqu’en décembre 2019. »

« La nature exacte de sa maladie ne regarde qu’elle, mais n’importe qui peut facilement vérifier qu’elle a fait preuve durant ces douze mois d’un allant formidable, enchaînant les meetings, les déplacements et les interviews. Elle reçoit Libération pour un portrait publié en septembre 2016. Le 13 octobre suivant, elle répond à Jeune Afrique. Le 5 novembre, porte-voix en main, elle anime un petit cortège place de la République, à Paris. Le 17 novembre, elle se manifeste au conseil municipal de Beaumont-sur-Oise, pour réclamer la vérité. Le 31 décembre, elle met en ligne ses vœux en vidéo sur Médiapart, à l’invitation du site. En janvier 2017, elle tient la vedette dans l’émission Clique, de Mouloud Achour. En 2018, même énergie : elle parle à Bastamag et Reporterre, elle se déplace en banlieue. Elle fait un entretien croisé avec Angela Davis, publié par la revue Ballast, en janvier 2019. Elle est en une des Inrocks en avril 2019 et annonce qu’elle relance sa ligne de vêtements, dans la rubrique « Où est le cool ? ». » [2]

Interrogé sur sa salariée, l’OPEJ de Sarcelles a répondu : « Oui, elle travaillait chez nous, mais nous avons reçu des directives du siège et nous ne devons pas en parler. »

Au siège, le directeur général, Johan Zittoun, a joué la carte du secret professionnel : « Les salariés sont soumis au secret professionnel le plus strict, ce qui les empêche de divulguer la moindre information concernant [le] personnel », invoquant « l’impérieuse nécessité de préserver les travailleurs sociaux afin qu’ils restent concentrés sur leur mission quotidienne ».

Un arrêt maladie prolongé outre mesure, une salariée qui viole la loi – le malade devant rester chez lui pour se reposer et non pas se balader sur des plateaux de télévision – et qui est protégé par son employeur, la fondation Rothschild et monsieur Zittoun ; tout cela interroge. Quel rôle Rothschild et Zittoun ont-ils joué dans la manœuvre politico-médiatique qui a mis Assa Traoré sous les projecteurs ?

Le patron d’Assa Traoré, Johan Zittoun, est un membre actif de la communauté juive. Il a, par exemple, participé, le 12 avril 2020, à une conférence organisée par l’Espace culturel et universitaire juif d’Europe (ECUJE) sur les plateformes Zoom et Facebook « afin de répondre aux interrogations de la communauté juive de France face à l’épidémie de coronavirus » [3]. Il était aux côtés de plusieurs personnalités de « la communauté juive organisée » (pour reprendre l’expression de Gilles-William Goldnadel), dont Robert Ejnes, directeur exécutif du CRIF ; Marc Abensour, directeur du Consistoire de Paris ; Moshé Lewin, conseiller spécial du Grand Rabbin de France ; Noémie Madar, présidente de l’UEJF (l’Union des étudiants juifs de France).

 

Quelle idéologie anime le comité Adama :
l’islam politique ou le gauchisme ?

 

L’objectif officiel du comité Vérité et justice pour Adama est la mise en examen des gendarmes qui ont procédé, le 16 juillet 2016, au contrôle d’identité d’Adama Traoré qui aurait conduit à son décès. Quatre ans plus tard, les juges d’instruction n’ayant pas estimé nécessaire de mettre en examen les gendarmes, le comité Adama a repris les appels à manifester à la suite de l’affaire George Floyd.

Aux Etats-Unis, Black Lives Matter est, entre autres choses, utilisé pour empêcher la réélection de Donald Trump. Tandis qu’en France, en cette période de grave crise économique et sociale, le comité Adama a pour rôle d’entraver la révolte populaire qui a démarrée avec les Gilets jaunes et qui tend à s’aggraver. D’ailleurs, concernant les Gilets jaunes, Assa Traoré ne dit pas autre chose que Bernard-Henri Lévy ; en pleine révolte de la France périphérique et populaire, la salariée de la fondation Rothschild a déclaré :

« On va prendre le terrain, on va pas laisser la place à tous ces fachos, à tous ces racistes … Tous ces Gilets jaunes fascistes et fachos qui ont depuis quelques semaines, quelques jours, des propos racistes. » [4]

Depuis plusieurs décennies, la bourgeoisie de gauche manipule les minorités raciales et agitent les revendications sociétales des LGBT pour faire avancer en douce les réformes voulues par le capitalisme financier. Le géographe Christophe Guilluy a mis en exergue l’hypocrisie de la classe dominante qui déplore l’inefficacité du modèle d’intégration à la française alors qu’elle facilite la désintégration par la destruction économique de la classe moyenne qui assurait la stabilité sociale. La haute bourgeoisie pousse sciemment la société vers la balkanisation, tout en utilisant les populations immigrées des banlieues comme domestiques et en instrumentalisant la question ethnique :

« Dans l’ensemble des pays développés, la classe dominante, dont la feuille de route exige de réduire la voilure de l’État-providence, se repose paradoxalement sur des catégories encore protégées des effets de la mondialisation et, à la marge, sur les minorités précarisées, pour déployer les normes de l’économie-monde…

Captif pour le moment, l’électorat âgé ne soutiendra pas éternellement un système qui le fragilise. C’est pourquoi les classes dominantes occidentales font le pari risqué de l’émergence d’un électorat plus jeune et en forte croissance, celui des minorités. Cette stratégie électorale, adoptée par les partis de gauche en Europe et par les démocrates aux États-Unis, est très fragile également : les intérêts de cet électorat populaire et précaire sont très éloignés de ceux d’une classe dominante acquise à un modèle qui restreint les salaires des gens modestes en imposant des réformes sociétales pour le moins décalées avec l’attachement de ces catégories aux valeurs traditionnelles.

La stratégie électorale des classes dominantes vise à réduire ce grand écart idéologique par l’ethnicisation à outrance des rapports sociaux, la mise en avant du racisme des classes populaires traditionnelles et le risque de l’avènement d’un régime totalitaire et/ou fasciste…

En France, l’électorat des banlieues est aujourd’hui largement indifférent (et pour les plus jeunes habitants, souvent très hostile) aux partis de gauche ; aux États-Unis, les candidats démocrates attirent de plus en plus difficilement les minorités, notamment les Noirs. Ces minorités sont de plus en plus conscientes et éduquées, elles se laissent de moins en moins manipuler par des discours caricaturaux et paternalistes tenus par une bourgeoisie dont le seul objectif est de maintenir sa position de classe. En Europe comme aux États-Unis, l’indigénat, c’est terminé. » [5]

Le comité Adama et sa pasionaria racialiste, Assa Traoré, sont l’énième produit du vieux mariage entre la banque juive et les réseaux d’extrême gauche pour continuer cette stratégie décrite par Christophe Guilluy.

Sur le plan idéologique, Assa Traoré est prise en main par le sociologue d’extrême gauche Geoffroy de Lagasnerie, un grand bourgeois avec qui elle a écrit un livre titré Le Combat Adama paru en avril 2019 chez Stock. Au même moment, elle faisait la une des Inrock.

 

 

Geoffroy de Lagasnerie est professeur de philosophie et de sociologie à l’École nationale supérieure d’arts de Cergy-Pontoise, et il dirige la collection À venir aux éditions Fayard [6]. Il y a notamment publié les ouvrages de la féministe lesbienne juive [7] (elle a reçu une éducation religieuse) Judith Butler, dont les travaux portent sur la théorie du genre et l’homoparentalité. [8]

Geoffroy de Lagasnerie est un gauchiste délirant. Le 30 juillet 2014, il a cosigné, avec l’écrivain Édouard Louis, une tribune dans Libération appelant au boycott de la 17e édition du cycle de conférences « Les Rendez-vous de l’histoire » de Blois sur le thème « Les Rebelles » [9]. Le boycott visait à protester contre l’invitation faite à Marcel Gauchet de prononcer la conférence inaugurale de l’événement, ce dernier étant à leurs yeux un intellectuel réactionnaire et « un rebelle contre les rebellions et les révoltes ». En juillet 2017, il accuse la sociologue Nathalie Heinich d’homophobie et de « prises de positions réactionnaires » [10], et lance une pétition visant à lui retirer le prix Pétrarque.

Le sociologue bourgeois soutient, à partir de 2017, la lutte de la famille Traoré dans laquelle il voit le « centre du monde » [11]. En 2015, Lagasnerie est classé par le magazine de gauche Les Inrockuptibles parmi les cent créateurs qui, dans tous les domaines, « réinventent la culture » [12]. Le même magazine qui a invité Assa Traoré en tant que rédactrice en chef au mois d’avril 2019 [13].

Rappelons que le magazine Les Inrockuptibles est la propriété de Matthieu Pigasse, directeur général délégué de la banque juive Lazard de 2002 à 2019 (grâce à Alain Minc), actionnaire du groupe Le Monde et du Huffington Post. Le même Matthieu Pigasse qui organise en 2005 la vente de Libération à Édouard de Rothschild [14].

***

Maintenant que nous connaissons les puissances financières et les idéologues qui dirigent le comité Adama et Assa Traoré, nous pouvons affirmer ici qu’Éric Zemmour est soit un ignorant soit un menteur !

 

Youssef Hindi
Le 28 juillet 2020

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